Chronique du mois

Le cancer du sein, partage d’une expérience

 Des chiffres alarmants sont publiés à propos de ce fléau, une épidémie.

Quelle femme n’a pas autour d’elle une mère, une sœur, une amie, qui en est ou en a été, atteinte ? Personnellement, j’y ai été confrontée, il y a de nombreuses années, par ma mère atteinte sur un sein puis sur l’autre, jusqu’à l’invasion des cellules cancéreuses dans tout son corps. Dix ans de souffrance, d’espoir et de désespoir. Puis ensuite ce fut le tour de ma tante, la sœur de mon père, qui choisit, contrairement à ma mère, des traitements naturels, sans chimie, et le résultat fut…..le même. Cancer du sein sur les deux lignées, je me suis sentie cernée. Et c’est arrivé, comme une fatalité, il y a bientôt 3 ans. Lors d’un nouveau contrôle, sur une grosseur diagnostiquée jusque là sans aucun risque, avec une technique plus précise, l’échographie ductale, le verdict est tombée, et il est sans appel. Gravité 5/5 me dit le médecin en me serrant la main sur le pas de la porte au cas où je n’aurais pas tout à fait compris. Cela fait une explosion dans ma tête, me met le point sur le i. Je me retrouve seule, devant sa porte, le souffle coupé, je ne peux plus respirer. Je ne sais même plus où ma voiture est garée. J’erre dans cette ville inconnue comme une âme en peine avec le désespoir au fond de moi. « Tumeur », ce mot sonne comme un glas,  résonne avec la mort « tu meurs », impossible à entendre, difficile à prononcer, encore plus à partager. Il me faudra quelques heures pour réaliser et me retrouver.

 

Il va falloir se « battre », « lutter contre la maladie », ce sont les mots que l’on entend souvent. Se battre contre quoi ? Contre soi ? D’instinct je sens que c’est faux, la maladie sera la plus forte, c’est elle qui aura le dernier mot. De plus, le cancer est fabriqué par mon corps, c’est le cerveau qui donne les ordres, c’est lui qui commande aux cellules cette prolifération anarchique et destructrice. Je ne veux pas me battre contre moi-même, je veux réfléchir,  comprendre, accompagner, soigner en profondeur les parties de moi qui ne vont pas bien et qui se manifestent ainsi, écouter cette petite voix tout au fond de moi qui me montre la voie.  Depuis longtemps je me passionne pour comprendre les liens entre le corps et l’esprit. Je suis convaincue de cette interconnexion entre les deux réalités. C’est le moment de l’expérimenter. A l’école du Dr Hamer, ce précurseur allemand, atteint d’un cancer, ainsi que sa femme, à la suite de la mort accidentelle de leur fils, Dirk, je cherche le sens de ma maladie. Qu’a t’elle à me dire ? Ce médecin, responsable d’un service de cancérologie, a révolutionné l’approche de cette maladie, créant une médecine nouvelle, à l’écoute des événements traumatiques survenus quelques temps avant l’apparition du cancer. Il déclare ainsi « j’avais cherché le cancer dans la cellule et je l’ai trouvé dans une erreur de codage au cerveau » (Genèse du cancer, Dr Rilke Geerd Hamer), il appellera cette localisation « foyer de Hamer. Il énonce ainsi la Loi d’airain du cancer :

  1. Tout cancer est déclenché par un Dirk-Hamer-Syndrom (DHS), c’est-à-dire à l’occasion d’un conflit aigu et dramatique, vécu dans un état d’isolement complet, et qui continue d’obséder le patient jour et nuit.
  2. La teneur subjective du conflit, c’est-à-dire la manière dont le patient le ressent, le jour sur lequel il se présente à lui au moment du coup de massue, détermine à la fois la localisation du cancer dans l’organisme et celle de la rupture de champ, du court-circuit qui se produit au niveau du cerveau, le foyer de Hamer.
  3. Il y a une corrélation exacte entre l’évolution du conflit, celle du cancer dans l’organisme et celle du foyer de Hamer dans le cerveau.

(Genèse du cancer p13)

Selon lui, l’ensemble du métabolisme est bloqué du fait que l’organisme est entièrement occupé à sortir vainqueur du conflit. Plus il met du temps à vaincre son adversaire, plus il se ruine lui-même. C’est aussi simple que ça.

 

Forte de ces convictions que je partage et étudie depuis le cancer de ma mère, je pars à la recherche de ce conflit inconscient, bien sûr, dramatique, que j’ai vécu dans la solitude complète. Je laisse résonner aussi la question du Dr Eduard Van den Bogaert, disciple du Dr Hamer, « Tu meurs ou tu es en vie ? Véronique, qu’as tu envie de faire et que tu ne fais pas ? » Et la réponse fuse, sans que j'ai le temps de la censurer, je suis bousculée, mes peurs réveillées, mes désirs révélés. Provocante, cette question va me mettre en chemin de guérison du corps et de l’esprit.

C’est une recherche passionnante, douloureuse parfois, aidée par des personnes compétentes qui vont m’accompagner avec patience et délicatesse dans les arcanes cachées, obscures et complexes de ma vie. Un bond en avant, je tiens un carnet de bord où j’écris : « Le cancer ce n’est pas la fin du monde (même si sur le moment ça y ressemble….) mais la fin d’un monde, celui de la tranquillité d’esprit, c’est la conscience de la mortalité. » Cancer du sein, cancer du nid, des nids, selon la classification de Hamer, j’interroge donc les nids de ma vie et mes envies cachées.  J’interroge cette petite boule, ce boulet qui est, finalement, à l’image de ma perception de mon arrivée sur terre, à un moment inattendu et inapproprié. Prises de conscience, larmes, lâcher prise, je suis éclairée sur le chemin en quête de vérité. Je suis éclairée par celles qui ont fait le chemin avant moi, Marie Mandy et son documentaire « Mes deux seins, journal d’une guérison », et aussi « Pont de verre » d’Anne Barth. Ces femmes m’enseignent par leur courage, leur authenticité et leur simplicité à témoigner. Cela m’éclaire  aussi sur l’importance de la psychogénéalogie, qu’est-ce qui se transmet dans cette lignée des femmes ? Et je vais faire mon Arbre, accompagnée par Judith et Eduard.

 

Parallèlement à cette recherche intérieure, je choisis l’ablation chirurgicale de la tumeur, chirurgie qui, à quelques 3 millimètres près, va préserver mon sein (l’ablation se fait à partir d’une tumeur de 2 cm). Après avoir digéré la gravité à 5/5, que j’ai confondu avec le grade et qui veut juste dire qu’il s’agit bien d’un cancer, je vais prendre tout le temps dont j’ai besoin pour décider chaque étape en conscience, après tout, il s’agit de mon corps et je le connais mieux que personne ! Je pense que l’urgence n’est pas bonne conseillère. Je dois trouver un chirurgien qui opère sans biopsie car l’échographie ductale, technique de pointe rend superflue la biopsie. Le médecin responsable du centre a insisté sur ce point. La biopsie peut disséminer des cellules malades dans les parties saines du sein. Je consulte de nombreux chirurgiens de ma région et me heurte à leur refus. Ce n’est pas le protocole ! Ils connaissent mal l’échographie ductale et ne considèrent pas ses résultats suffisants. Il m’a fallu l’aide d’une amie, merci Hélène, pour trouver cette perle rare qui accepte de sortir du protocole.  A la suite des analyses, je refuse le test indiquant si j’ai besoin de chimiothérapie car j’ai trop vu la destruction de ma mère au fil des mois. J’ai souvent dit que je ne savais pas si c’était le cancer qui l’avait tué ou les chimiothérapies. Il faut dire qu’à cette époque, elles étaient très agressives. Peut être que cela a évolué depuis. Plusieurs mois après, je décide de faire la radiothérapie, car sur un côté, il n’y a pas de marge de sécurité et je comprends le risque. Une amie m’apprend à enlever le feu et je n’ai aucune brûlure. Je suis très fière quand le chirurgien, au rendez-vous de contrôle, à la vue de mon sein sans aucune trace, malgré les semaines de rayons, me dit « vous, vous avez fait enlever le feu ! ».

Cette maladie va réconcilier en profondeur dans mon esprit les deux médecines, celle à base de chimie et d’interventions qui me paraissent agressives et celle à base de produits plus naturels comme l’homéopathie, les plantes et des interventions plus douces comme les massages, l’écoute et l’expression des émotions. Tout au long de ce parcours qui va durer 9 mois, je vais être accompagnée par des personnes formidables, le chirurgien, l’oncologue de l’hôpital, les soignants, l’homéopathe, la masseuse, des thérapeutes et plusieurs autres encore. Je suis pleine de gratitude pour la compétence et la bienveillance de chaque personne. A cela s’ajoute le soutien sans faille et l’amour de la famille et des proches.

 

A la fin de ce parcours de renaissance, se pose pour moi la dernière décision à prendre, le traitement anti hormonal, le Fémara, indispensable pendant 5 ans d’après les statistiques assenées par le corps médical, puisque j’ai un cancer hormono-dépendant. Décision difficile. L’oncologue me dit que si je ne le fais pas pour moi, je dois le faire pour mon mari, mes enfants et petits-enfants. Culpabilité. 5 ans, c’est long, j’hésite. Je suis informée des effets secondaires possibles et fréquents, douleurs (il y a les antalgiques me dit la charmante oncologue !), pertes osseuses aussi. De plus, il faut un minimum de 2 ans rajoute le chirurgien, sinon, cela ne sert à rien. 2 ans ! Vais-je tenir ?

J’en suis là dans mes réflexions quand une grave chute de vélo fracturant mon fémur vient les interrompre. Réparation du fémur ou prise du Fémara ?  Quel humour ! Je dois choisir, les deux ne sont pas compatibles !  C’est ainsi que la décision a été prise. Sur ce jeu de mot. Et, à ma grande surprise, à chaque contrôle au centre du sein, la responsable me félicite de cette décision, compte tenu du cancer que j’ai eu et de la gravité des effets secondaires de ce traitement. J’en suis étonnée à chaque fois.

Aujourd’hui, je n’ai pas encore 3 ans de recul, c’est bien peu et je ne fais pas la fière car beaucoup de choses m ‘échappent. Je peux juste dire que cette maladie m’a éveillée, m’a conduite à faire de nombreuses prises de conscience, à faire des choix, à changer des choses en profondeur dans ma vie, à travailler autrement et à me libérer de certaines peurs qui empêchaient la vie de circuler. Je continue à prendre soin de moi pour passer « de la douleur à la douceur » titre du beau livre d’Agnès Stevenin. J’ai aussi eu la chance de participer au séminaire « Seinspathies » dans les eaux délicieuses de Montegrotto, près de Venise. Une invitation à renaître…….

 

A toutes les femmes qui me liront, je transmets mes encouragements et mon soutien pour être à l’écoute de leur corps, même face à la pression médicale et aux statistiques redoutables, pour faire confiance à leur intuition féminine surtout dans le domaine du sein, organe féminin par excellence. Ecoutez la symbolique, apaisez les conflits, et faites vous aider.

Je suis disponible pour toutes questions, réflexions concernant cet article très personnel.

 Véronique Callet.

 

Références :

  • "Genèse du cancer" Dr Rilk Geerd HAMER
  • "Seul contre tous" La vie et l'oeuvre du Dr R.G. Hamer  DVD J.J. Crevecoeur
  • "Psychogénéalogie" Dr Eduard et Judith Van den BOGAERT
  • "Séminaire Seinspathies" www.evidences.be
  • "Mes deux seins, journal d'une guérison" Mary MANDY, DVD
  • "Pont de verre" Anne BARTH, DVD
  • "De la douleur à la douceur" Agnès STEVENIN

 

 

 

 

 

 

Sept besoins incontournables des enfants pour grandir, apprendre et s'épanouir, de T. Brazelton

1. Le besoin de relations chaleureuses et stables.

Le bébé et le jeune enfant doivent bénéficier de relations stables avec une personne ou un nombre restreint de personnes : voilà une nécessité allant de soi pourtant pas toujours mise en pratique. Les enfants ont besoin de plus que la satisfactions des besoins alimentaires pour devenir capable de confiance, d’empathie et de compassion. Des interactions chaleureuses, enrichissantes sur la plan émotionnel, contribue au bon développement du système nerveux central. Elles procurent la sécurité, assurent la santé physique et permettent une attention propice aux nouveaux apprentissages.  Les interactions émotionnelles sont le fondement de la plupart des capacités intellectuelles de l’enfant y compris la créativité et la pensée.

 

2. Le besoin de protection physique, de sécurité et de régulation.

Nécessité de soins, de protection vis à vis des substances toxiques prénatales et postnatales (alcool, tabac, drogue, métaux lourds, etc.) La contamination de l’eau, des sols, de l’air, contaminant aussi le lait maternel, devrait causer une inquiétude générale et entrainer une action collective de prévention.

Une atteinte même légère au fonctionnement du système nerveux central peut entrainer des problèmes en chaine sur le plan intellectuel, émotionnel, social et dans le domaine de l’apprentissage (perturbations endocriniennes, hyperactivité, troubles du comportement, etc.)

 

3. Le besoin d’expériences adaptées aux différences individuelles.

Traditionnellement on attend des enfants qu’ils se conforment aux attentes de leurs parents et de la société au sens large. Ce qui est tout à fait normal jusqu’à un certain point.  C’est la façon dont nous adapterons les expériences aux qualités uniques de chaque enfant qui augmentera les chances d’un bon développement et qui permettra la réalisation des attentes familiales et sociales. Beaucoup de traits de la personnalité dérivent non pas d’un seul caractère génétique dominant, mais des effets combinés de caractères multiples. L’enfant actif, agressif, l’enfant hypersensible, l’enfant replié sur lui-même, l’enfant doté d’une forte volonté et l’enfant qui a des difficultés de l’attention. Cela exige de la part des parents une attention à leurs besoins spécifiques pour qu’ils puissent développer leurs qualités particulières.

 

4. Le besoin d’expériences adaptées au développement.

Au cours de leur croissance, les enfants franchissent des stades de développement.

-       L’aptitude à regarder, à écouter et à garder son calme.

-       L’aptitude à se sentir chaleureux et proche des autres.

-       L’aptitude à utiliser et à lire les signaux des comportements et des expressions du visage, ainsi que les postures du corps (entre 6 et 18 mois)

-       Résoudre les problèmes et acquérir la conscience de soi (entre 14 et 18 mois)

-       Exercer leur esprit, leur corps et leurs émotions en même temps ainsi que distinguer les sentiments, les pensées et l’action. Les enfants apprennent à former des images mentales et des représentations.

-       La pensée triangulaire, l’âge de l’imagination et de la toute puissance. A ce stade (4 à 7 ans), les enfants éprouvent de la curiosité à l’égard de la vie et un profond sentiment d’émerveillement devant le monde.

-       l’âge des amis et des négociations. A 7/8 ans les enfants sont moins centrés sur la famille et entrent dans le monde eaux multiples facettes des amis et des terrains de jeux. Leur horizon s’élargit.

-       A partir de 10/12 ans, les enfants se mettent à développer un sentiment plus cohérent de qui ils sont.

 

5. Le besoin de limites, de structures et d’attentes.

Les limites et les structures se mettent en place avec le maternage et l’affection.

Quand la discipline est transmise avec beaucoup d’affection et d’empathie, les enfants se sentent bien et plus enclins à obéir.

Les châtiments physiques (fessée, coups, cris), ne respectent pas l’enfant et ne peut que miner l’image qu’il a de lui-même. Il risque de garder en lui une colère. Donner à l’enfant le sentiment d’être respecté parce qu’il est unique, lui permet de s’accomplir de façon personnelle. On enseigne ainsi aux enfants à supporter la frustration, à gérer les pertes et les déceptions.

 

6. Le besoin d’une communauté stable, de son soutien et de sa culture.

Les communautés locales et les cultures, procurent un contexte et un cadre pour des besoins incontournables. Le respect des schémas culturels, tout en permettant aux familles de s’adapter à une société complexe ‘école, quartier, etc.)

 

7. La protection de l’avenir.

Tous les besoins s’effacent devant le besoin de survivre et de donner naissance à de nouvelles générations. La plus incontournable de nos responsabilités est de léguer à nos enfants une planète où règne la sécurité et où l’on puisse maintenir et favoriser le développement des êtres humains.

Afin de protéger le futur, toutes les nations de la terre devront travailler en collaboration et avec une efficacité bien plus grande…….

 

Bibliographie :

-       T. BRAZELTON : « Ce dont un enfant a besoin ».

-       M. SUNDERLAND : « La science au service des parents » (Hurtubise)

-       C. GUEGUEN : « Pour une enfance heureuse »

       « Repenser l’éducation à la lumière des dernières découvertes sur le cerveau ». !Laffond)

En cas de séparation, le calendrier Brazelton est une proposition qui tient compte des besoins  de l'enfant, en fonction de son âge, pour les sorties chez chaque parent.

 

 

 

 

 

 

A propos d’Alice Miller

 

Alice Miller était une psychanalyste hors norme ! Une des premières à remettre en cause de nombreux dogmes psychanalytiques enseignés jusque là comme des vérités depuis leur découverte par Freud, père de la psychanalyse. Alice Miller est  mère d’une nouvelle approche de la thérapie, basée sur son expérience et ses observations sur la violence cachée des adultes envers les enfants.

Elle remet en cause principalement la théorie du fantasme, convaincue que cette théorie crée un nouveau drame pour le patient, le retournement de la faute sur lui. Au départ de ses découvertes, Freud lui-même affirme que toutes ses patientes hystériques révèlent sur le divan qu’elles ont subi un abus sexuel de la part d’un proche (père, frère, oncle, grand-père, amis, etc.). Devant le rejet de sa découverte par ses pairs, isolé, il va revenir sur ses paroles et affirmer que ses patientes, à partir de leur désir sexuel pour le père, ont fantasmé un abus sexuel. Pour cela il va prendre appui sur le célèbre mythe d’ Œdipe, Œdipe ayant tué son père et épousé sa mère. Il oublie de préciser que ceci est le résultat du désir de mort du père sur son enfant qui a permis cela.

Alice Miller va résolument prendre la défense de l’enfant blessé, terrorisé, devenir l’avocate de la défense de cet enfant que le patient a été et elle va inlassablement encourager les personnes à trouver un thérapeute qui va être un défenseur de cet enfant blessé, un témoin bienveillant, un avocat de la défense de l’enfant.

Pendant toute sa vie, elle va chercher à connaître l’enfance émotionnelle des grands dictateurs du monde (Hitler, Staline, Ceausescu,) et de quelques écrivains, pour comprendre pourquoi tant de violence et comment l’inconscient est à l’œuvre dans de tels actes de barbarie. Elle va révolutionner la psychanalyse, sera marginalisée et continuera jusqu’à sa mort en avril 2010, à l’âge de 87 ans dans le sud de la France où elle habitait depuis de nombreuses années, à essayer de répondre à la question qui la tourmente « d’où vient le mal dans le monde et comment se génère t’il ? ».

Ces livres essaient de répondre inlassablement à cette question. Pour Alice Miller, aucun doute, la racine de la violence est dans l’éducation, en particulier pendant la toute petite enfance car c’est à cette période que les structures de base du psychisme se mettent en place. Aujourd’hui toutes les découvertes en neurosciences confirment ses thèses.

 

Quelle influence pour le travail en thérapie ?

Il est étonnant à quel point Alice Miller est peu connu dans le monde de la psychologie en France, rarement enseignée, pour ne pas dire jamais. Etonnant à quel point la France est cramponnée à ses théories psychanalytiques freudiennes, lacaniennes, kleiniennes, enseignées principalement dans les facultés publiques et privées. Pendant  mes six années d’étude, pas une seule fois, il n’en a été question.

Seule la FF2P (Fédération française de psychothérapie et de psychanalyse) organise des colloques en hommage à son travail.

A l’écoute de toutes les souffrances, les abus sexuels, vécues par les patients quand ils étaient enfant, en particulier les petites filles pour ce qui concerne les abus sexuels (mais pas seulement), si fréquents, il me semble urgent de dénoncer cette théorie abusive, pour devenir capable d’entendre vraiment « la souffrance muette de l’enfant », titre d’un de ses livres, afin de comprendre les tentatives de l’inconscient pour remettre en scènes ces drames dans l’illusion de s’en libérer. C’est ainsi que les scénarios répétitifs vont détruire la vie tout en croyant la trouver.

Seule la pulsion de vie existe affirme Alice Miller, et c’est cette pulsion qui va nous pousser à la répétition pouvant aller jusqu’à la mort dans une illusion mentale trompeuse.

Alice Miller, elle-même, n’échappa pas à cette répétition. C’est ce que révèle Martin Miller, son fils, après la mort de sa mère. Il publie son histoire, « Le vrai drame de l’enfant doué, la tragédie d’Alice Miller », révélant ainsi sa vie en Pologne son pays natal, le drame de la guerre et les conséquences sur ses comportements dans sa vie de couple et avec ses enfants.

Alice Miller sera l’inspiratrice de nombreux thérapeutes dans le monde entier, en particulier Jean Jenson, une thérapeute américaine qui a formé Ingeborg Bosch Bonomo créatrice de la PRI (Past reality intégration), approche thérapeutique où l’on devient l’avocat de la défense de l’enfant blessé que nous avons été.

Elle sera aussi l’inspiratrice d’Olivier Maurel, fondateur de l’OVEO (Observatoire de la violence éducative ordinaire). Dans tous ses livres, à la suite d’Alice Miller, il ne cesse de dénoncer la violence faite aux enfants, même la plus ordinaire (fessée, humiliations, rejet), dans toutes les cultures, comme source principale de la violence dans le monde. Il dénonce aussi le déni de cette violence dans le monde de la psychanalyse et le monde des religions. Son dernier livre « Vingt siècles de maltraitance chrétienne des enfants » est édifiant de cette tragédie et du chemin qu’il reste à parcourir.

A notre époque d’éveil de la conscience, à la lumière des connaissances sur le psychisme, des neurosciences, nous devons nous interroger sur le soin aux enfants, leurs besoins vitaux et devenir des éducateurs éveillés. Ce sera la chronique du mois suivant.

 

Pour aller plus loin sur ce sujet :

Toute la bibliographie d’Alice Miller, en commençant par « Le drame de l’enfant doué » et « C’est pour ton bien, racines de la violence dans l’éducation ».

Pour comprendre les différents avec la psychanalyse, le passionnant travail de l’australien Jeffrey Masson dans son livre « Le réel escamoté » et dans le film « l’affaire Freud » de Michel Meignant.

La biographie d’Olivier Maurel, principalement « Oui la nature humaine est bonne, la violence éducative ordinaire la pervertit depuis des millénaires », et « Vingt siècles de maltraitance chrétienne des enfants. »

Pour mieux connaître les neurosciences et l’enfance, le livre du Dr Gueguen « Pour une enfance heureuse » ainsi que « La science au service des parents » de Margot Sunderland.

Pour travailler à sa propre histoire, le livre de Jean Jenson « Reclaiming your life » et sa version française « Reconquérir sa vie ».

Et la bibliographie de Ingeborg Bosch Bonomo, « Guérir les traces du passé », « Illusions » et « Vivre pleinement sa vie » qui permettent un travail personnel approfondi sur ce thème.


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La naissance : Naître à son sens.

Pour cette première chronique, ce thème s’est imposé comme une évidence.

La naissance est un événement marquant, qui, au début de la vie, laisse son empreinte.

Jean-Philippe Brébion parle ainsi de l’empreinte de naissance : « L’empreinte est chargée de tout ce qui est inscrit dans ces deux cellules d’origine et l’inconscient cellulaire de l’enfant est en résonnance totale avec le vécu et le ressenti de son père et de sa mère pendant une période située autour de sa naissance. »

 C’est le premier passage d’un monde connu à un monde inconnu : de la pénombre à la lumière, du milieu aquatique au milieu aérien.

En l’espace de quelques secondes, tout change : la température moins élevée, les sons qui ne sont plus filtrés, l’air au lieu de l’eau qui contient. Le bébé se met à respirer, téter, digérer, ses fonctions se modifient. Il perd cette fusion totale si sécurisante, si contenante, rythmée par les battements du cœur de la mère.

Le premier contact de l’enfant avec le monde extérieur dans les toutes premières minutes, les premières heures, va être essentiel. Michel Odent, gynécologue auteur de nombreux livres dont le célèbre « Le bébé est un mammifère » dit avec humour que l’enfant a trois besoins à la naissance, le premier besoin c’est sa mère, le deuxième c’est sa mère, le troisième c’est sa mère……..et le père me direz-vous ? le père, c’est surtout la mère qui a besoin de son soutien ! C’est dans les premières heures que se met en place le lien d’attachement entre la mère et son petit, favorisé par une production massive d’ocytocine, cette précieuse hormone de l’amour libérée en grande quantité pendant l’accouchement et l’allaitement.

 Jean Liedloff, voyageuse américaine, va plus loin et décrit cet attachement indispensable comme le « concept de continuum ». C’est en vivant dans une tribu d’Amérique du sud, le peuple des Yékwanas, qu’elle découvre avec stupeur qu’il n’y a chez eux aucune expression de la violence, ni les uns envers les autres, ni des adultes envers les enfants. Curieuse de connaître leur secret, elle va vivre avec eux plusieurs années et comprendre que les bébés dès la naissance, sont portés en continuité par la mère, de temps en temps par les enfants un peu plus grands, jusqu’à ce qu’ils acquièrent une relative autonomie comme marcher à 4 pattes ou debout et qu’ils ne le demandent plus que de temps en temps. Les découvertes actuelles sur le développement du cerveau de l’enfant confirme exactement ce besoin de continuum particulièrement important dans les premières heures suivant la naissance, mais aussi pendant les premiers mois pour que l’enfant se sente vraiment en sécurité et qu’il acquiert cette base vitale.

 Un grand mouvement « pour une naissance sans violence » s’est répandu dans les années 70 sous l’impulsion de Frederick Leboyer et a permis à de très nombreux bébés de naître dans un grand respect de ses besoins. Naissance en douceur, souvent dans l’eau, dans le calme et la pénombre, naissance à la maison, naissance en maison de naissance. De belles initiatives pour retrouver la confiance en cette capacité innée que toute femme porte en elle. Et en même temps, l’évolution de la médecine gynécologique permet aujourd’hui une grande sécurité autour de la naissance, alors, l’idéal nous dit Michel Odent, ce sont les conditions de la maison, intimité, douceur, à l’hôpital pour une sécurité en cas de difficulté.

 

 

Quels signes de cette empreinte se rencontrent en psychothérapie :

Le plus fréquent est tout ce qui parle du changement, passage de quelque chose de connu à quelque chose d’inconnu, déménagement, voyage, quitter la famille, commencer un nouveau travail, une nouvelle relation, les situations sont nombreuses, même le simple réveil du matin, passage du monde de la nuit à une nouvelle journée peut réactiver cette empreinte et faire surgir sans comprendre, de l’angoisse, un manque d’envie, des peurs irrationnelles paralysantes.

Toutes les situations particulières liées à la naissance vont aussi laisser une empreinte particulière qui peut resurgir pendant le travail en thérapie : carences sensorielles dû au passage en couveuse par exemple, difficultés d’avancer dans la vie, problèmes de rapport au temps, phobies, violences incontrôlées, etc.

 

Comment désactiver cette empreinte ?

Le protocole TIPI Technique d’Identification sensorielle des Peurs Inconscientes permet de désactiver les empreintes liées à la naissance. La personne choisit une situation précise, concrète et représentative de sa difficulté, de son mal-être, elle revit cette situation en ressentant ce qui se passe dans son corps. Elle accède ainsi à une ressource naturelle permettant aux sensations d’évoluer jusqu’à un bien-être spontané et durable.

C’est un protocole utilisé dans de nombreuses situations, peurs de toute sorte, angoisses, phobies,  déprime, perte de sens.

 

Références :

  • « L’empreinte de naissance » de Jean-Philippe BREBION
  • « Le bébé est un mammifère » de Michel ODENT
  • « Bien naître, la naissance sans violence en pratique » de     Michel ODENT
  • « Pour une naissance sans violence » de Frederick LEBOYER
  • « Le premier cri » DVD film de Gilles de MAISTRE
  • « Le concept de continuum » de Jean LIEDLOFF
  • « Pour une enfance heureuse » du Dr GUEGUEN
  • « Revivre sensoriellement » de Luc NICON
  •    Site : www.tipi.fr
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